La paille nourrit peu, mais elle fait son travail de fibre
Le premier piège serait de considérer la paille comme un fourrage équivalent à un bon foin. Sa valeur énergétique et azotée reste faible. En revanche, elle est moins fermentescible, apporte de la fibre plus efficace, stimule la rumination et présente une composition relativement stable.
Vous pouvez donc l’utiliser comme support de la ration des génisses en croissance, à condition de couvrir correctement ses besoins. L’objectif reste le même : maintenir sa trajectoire de croissance, avec un GMQ proche de 1 000 g/j selon votre programme d’élevage.
Un ralentissement de croissance doit vous alerter. Suivez régulièrement le poids ou le développement de vos génisses et ajustez la complémentation si nécessaire.
Pour faire manger de la paille, commencez par la broyer
Une paille trop longue se trie et se consomme mal. Imaginez une entrecôte servie entière à un enfant : avant de la manger, encore faut-il pouvoir s’y attaquer.
Visez une paille broyée, non farineuse, avec des particules d’environ 4 à 19 mm. Vous facilitez ainsi sa consommation tout en conservant suffisamment de structure pour stimuler la rumination.
Pensez-y ! Un liant liquide peut aider à solidariser les particules, limiter la poussière et homogénéiser la consommation de la ration.
Préserver les fourrages sans sacrifier la croissance
Une ration à base de paille permet de réserver l’ensilage de maïs, l’herbe et les bons foins aux animaux qui les valorisent le mieux. Elle présente aussi l’avantage d’être simple à préparer et à organiser au quotidien.
La contrepartie est claire : la paille seule ne suffit pas. La complémentation en énergie, protéines, minéraux et vitamines doit être adaptée à l’âge, au poids et à l’objectif de croissance.
En période de déficit fourrager, la paille n’est donc pas un aliment « au rabais ». Bien préparée et bien complémentée, elle devient un levier pour sécuriser vos stocks tout en gardant vos génisses sur la bonne trajectoire vers le vêlage.
