Les mycotoxines restent un point de vigilance majeur dans les ensilages de maïs.
En février, vous avez assez de recul pour juger la qualité sanitaire de vos silos.
Les résultats 2025-2026 apportent des signaux plus rassurants que 2024-2025, mais appellent encore à de la rigueur pour sécuriser vos performances.
Que sont les mycotoxines et pourquoi faut-il rester vigilant ?
Les mycotoxines sont des molécules produites par des champignons (principalement : Fusarium, Aspergillus et Penicillium).
On distingue deux familles :
- Mycotoxines de champs : DON (déoxynivalénol), ZEA (zéaralénone), fumonisines.
Elles se développent avant et pendant la récolte.
- Mycotoxines de stockage : aflatoxine, ochratoxine.
Elles apparaissent dans des silos mal tassés ou pas assez étanches.
Une fois présentes, elles ne disparaissent pas.
Même à faible dose, plusieurs toxines peuvent agir ensemble. Ces effets synergiques peuvent impacter ingestion, lait et reproduction.
Pourquoi la campagne 2024-2025 a marqué les esprits ?
Les ensilages 2024-2025 ont montré un niveau de contamination élevé.
Les causes sont connues :
- année très pluvieuse,
- récoltes tardives,
- beaucoup de maïs versés.
Résultat : 87 % des échantillons analysés étaient contaminés.
La majorité contenait plusieurs mycotoxines.
Le DON était la plus fréquente.
La ZEA était souvent à des niveaux élevés.
Plus d’un échantillon sur deux présentait un risque sur la reproduction :
- chaleurs peu visibles,
- baisse de réussite à l’IA,
- avortements précoces.
À quoi s’attendre pour les ensilages 2025-2026 ?
Les données de l’observatoire sont plus favorables.
Le DON reste la mycotoxine la plus présente, mais les niveaux médians sont trois fois plus faibles qu’en 2024.
Attention toutefois à un point clé : Le rapport épi / tige est plus faible cette année.
Conséquence :
- tassement plus difficile,
- plus d’air,
- risque de développement de mycotoxines au silo.
Quelle analyse choisir pour décider sans se tromper ?
Tous les tests ne se valent pas :
- Bandelette
Rapide, mais risque élevé de faux résultats.
- ELISA
Identifie les mycotoxines et donne une estimation.
Plus fiable que des bandelettes, mais moins précis que HPLC.
- HPLC, utilisée par les laboratoires Eurofins
Méthode de référence européenne. Très précise, même à faible niveau.Idéale pour évaluer le risque réel de contamination.
Quand l’ensilage est au cœur de la ration, une analyse fourrage poussée apporte des données solides.
Elle permet d’agir avant que les performances ne baissent.
Conclusion
Les ensilages 2025-2026 sont globalement plus sains qu’en 2024 mais la structure des maïs impose de rester vigilant.
Mesurer, comprendre et anticiper reste la meilleure façon de sécuriser lait, reproduction et rentabilité, sans agir à l’aveugle.
