En prépa vêlage, les élevages performants ne laissent rien au hasard.
Ils ne découvrent pas les déséquilibres une fois les problèmes installés : ils suivent le pH urinaire de façon régulière.
Cette mesure simple permet de vérifier que l’acidification agit vraiment sur la vache.
Elle sécurise la transition, limite les risques au vêlage et évite les mauvaises surprises.
Un indicateur terrain, rapide, qui fait la différence entre subir et piloter.

L’objectif de l’acidification : préparer, pas espérer
La BACA (Balance Anions Cations Alimentaires) repose sur l’équilibre entre ions positifs et négatifs.
Son but est connu : préparer la vache à mieux mobiliser son calcium au vêlage.
Mais une ration bien formulée ne garantit pas toujours l’effet attendu.
Entre la théorie et la réalité du terrain, des écarts peuvent apparaître.
Le pH urinaire permet de vérifier que la stratégie fonctionne sur l’animal.
Il apporte une preuve concrète, sans laboratoire ni délai.
Sans mesure, on espère. Avec le pH, on pilote.
Quand le pH révèle ce que la ration ne dit pas
Un pH urinaire hors zone n’indique pas toujours un problème de ration.
Très souvent, il met en lumière des points de gestion invisibles.
Attention au tri à l’auge
Un fourrage trop long favorise le tri.
Les vaches évitent certaines fractions de la ration.
L’ingestion des sels anioniques réelle diffère de la ration calculée.
Le pH urinaire remonte, alors que vous n’avez pas changé la ration.
👉 Ajustez alors la longueur de brins et limitez les possibilités de tri.
Le mélange et l’homogénéité
Un temps de mélange mal maîtrisé crée une ration inégale.
Certaines vaches consomment plus d’éléments acidifiants ou plus basiques que d’autres.
Les pH deviennent alors très dispersés entre animaux.
👉 Sécurisez le temps de mélange et vérifiez l’état du matériel.
Rythme de distribution
Une rupture d’auge ou un horaire irrégulier modifie le comportement alimentaire.
Les vaches mangent vite, en une fois.
Les apports varient dans la journée.
Le pH fluctue selon le moment de mesure.
👉 Garantissez une présence continue de la ration et des horaires identiques de distribution.
La BACA des fourrages
Un changement de silo ou de parcelle peut modifier les niveaux de potassium, de soufre ou de chlore.
Mais un fourrage est trop souvent sous-estimé : la paille.
Souvent considérée comme stable, elle présente en réalité de très fortes variations de BACA.
Or, elle constitue un ingrédient clé de la ration de préparation au vêlage.
La BACA réelle évolue, sans être recalculée dans la ration.
Le pH urinaire devient un signal d’alerte précoce.
👉 Mettez à jour vos analyses de fourrages dès tout changement de fourrage.
Mesurer anticiper et sécuriser
Le suivi du pH urinaire ne doit pas se limiter aux situations de crise.
L’enjeu est bien d’anticiper les déséquilibres, pas de les constater une fois les troubles installés.
Mesurer le pH urinaire est simple et rapide.
Quelques bandelettes suffisent.
Le coût est faible, comparé aux conséquences d’une transition ratée.
Ce suivi permet d’agir tôt, avant l’apparition de troubles visibles.
Moins de vaches qui démarrent mal.
Moins de soins.
Plus de sérénité autour du vêlage.
C’est aussi un vrai confort dans une période déjà sous tension.
Le pilotage, un choix d’éleveur
Le pH urinaire n’est pas un simple chiffre.
Il valide l’acidification et révèle des leviers de gestion clés.
Mesurer, comprendre, ajuster, puis vérifier à nouveau.
C’est cette régularité qui fait la différence.
Chaque élevage mérite un pilotage précis pour aborder le vêlage avec confiance.